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Anne Daguin et Hermann Van Beeck - «Nous vendons des produits qui ont le goût de ce qu’ils sont»

Chez Anne Daguin et Hermann Van Beeck, les fondateurs du Petit Duc, célèbre pâtisserie de Saint-Rémy-de-Provence (et sa récente émanation parisienne, La Grande Duchesse), on déguste des Oreilles de la Bonne Déesse ou des Cœurs du Petit Albert, des délices créés à partir de recettes de la Rome Antique et du XIVème siècle ! Rencontre.


Comment sont nées vos premières recettes ?

Hermann et moi n’avons jamais rien su faire d’autre que du très haut de gamme. En arrivant il y a dix sept ans à Saint-Rémy-de-Provence nous avons constaté deux choses : la pâtisserie fraîche haut de gamme était une abstraction, et par ailleurs, il n’existait pas de spécialité pâtissière typique malgré la notoriété touristique du village. Nous avons donc décidé de combler ce manque. Mais, par éducation - je suis issue de famille de cuisiniers – j’ai d’abord voulu aller vérifier chez les Anciens ce qui se faisait avant de créer quoi que ce soit de nouveau

D’où le démarrage de vos premières recherches historiques menées ensuite dans de nombreuses bibliothèques en Europe  ?

Je me suis effectivement rendue à la bibliothèque de Saint-Rémy-de-Provence où le bibliothécaire m’a remis un exemplaire du « Traité des Fardements et des Confitures » écrit par Nostradamus en 1556… auquel je n’ai rien compris ! Non pas pour une question de langue car je lisais déjà le vieux français avec Rabelais mais d’enchaînements de processus, de marches à suivre qui ne faisaient pas sens chez moi. J’ai donc poursuivi mes recherches, sans aucun a priori, pour me créer un référencement satellite nous permettant de mettre en application les techniques décrites.

Qui fait quoi dans votre « petite entreprise » ?

Mon travail d’hier et d’aujourd’hui consiste à dénicher des techniques ancestrales nous permettant d’obtenir une certaine consistance. Et là, deux options sont possibles. Le goût nous satisfait et Hermann fabrique la pâtisserie. Ou nous partons de cette technique de base pour créer un nouveau produit. C’est par exemple ce que nous avons fait avec le Calisson dont la recette la plus ancienne que nous utilisons remonte au IXème siècle. Nous avons inventé une nouvelle gamme qui nous correspond bien, appelée les Polissons, à base de mélanges d’épices et de plantes.

Qu’est-ce qui caractérise votre démarche ?

Nous vendons des produits qui ont le goût de ce qu’ils sont car notre crédo consiste à toujours trouver le parfait équilibre gustatif. Celui qui vous contente dès la première bouchée et vous évite les comportements compulsifs ! Nos pâtisseries sont sans additif ni conservateur et sont fabriquées à partir de matières premières sélectionnées avec rigueur pour leurs qualités gustatives. Nous utilisons par exemple le sucre comme conservateur car nous pensons que la pâtisserie ne doit pas avoir le goût du sucre. Mais il est naturellement utilisé pour valoriser les autres ingrédients.

Autre signe distinctif, lorsqu’Hermann ne maîtrise pas parfaitement la technique, il fait appel à un expert dans le domaine. Nous vendons donc les meilleures pralines du monde… et elles sont faites par quelqu’un d’autre !

 

Quel est votre dessert préféré ?

J’adore craquer au gré de la journée pour un Triangle ou un Cœur du Petit Albert, deux produits de notre gamme.


Propos recueillis par Patricia Lebouc-Coignard

 

Adresse

La Grande Duchesse
13 rue de Castellane
75008 PARIS
tél : 01 42 66 12 57

Le Petit Duc
7, bs Victor Hugo
13210 Saint-Rémy-de-Provence
tél : 04 90 92 08 31